
Henricot
II s’est effondrée en 1984. Ce bâtiment est resté à
peu près inchangé jusqu’en 2001, notamment parce que les modèles
n’avaient pas une valeur marchande au prix du métal. D’autres endroits,
Henricot I par exemple, se sont fait impitoyablement dépecer de toute pièce
métallique. Cela ne pouvait pas être autrement. Le bâtiment
que nous allons visiter s’appelle le Modelage. Ce qu’on y voit, ce sont des milliers,
peut-être même des dizaines de milliers, de moules en bois. On les
appelait les modèles, d’où le nom de Modelage. Ces pièces
en bois servaient de moules, avec un intermédiaire sableux, pour la conception
de pièces en acier. C’est ainsi qu’on trouve ici des formes biscornues
de tuyaux, de turbines, d’assemblages étranges. Une grande majorité
de ces pièces est non identifiable, étant donné que ce sont
– ici – des ensembles partiels. Il y a relativement peu de pièces complètes.
La majorité de la production se concentrait sur des pièces de précision
: roues, carters, attelages, etc. Quelques pièces bien spécifiques
ont été produites, comme un bathyscaphe. 
En
2010, lors de la revente du bâtiment à la province, une délégation
du patrimoine stéphanois a été évaluer les pièces.
Au vu de ce qui est déjà conservé au foyer populaire, environ
un millier de modèles les plus représentatifs, tirés d'Henricot
I, il a été établi que des mesures de conservation supplémentaires
ne s’avéraient pas nécessaires. Il faut dire qu’ici, de nombreuses
pièces du Modelage sont de grand gabarit, et qu’inévitablement,
ça cause des difficultés de stockage… 
Les
lieux sont assez bien éclairés par de larges baies sur le côté
parc à Mitrailles. De l’autre côté, ce sont des murs aveugles.
De ce fait, la moitié du bâtiment est plongée dans une obscurité
quasi-totale. Cela ne facilite pas la réalisation des photos… D'un certain
autre côté, il faut bien donner la bénédiction, ça
a évité le massacre des modèles par le paint-ball, airsoft
et compagnie. A l’heure du reportage, le bâtiment a été réinvesti
par la province du Brabant-Wallon, le rez-de-chaussée a été
partiellement aménagé. Inclus dans le très vaste projet de
rénovation urbaine, le devenir de ces pièces est d’intégralement
disparaître et le futur du bâtiment est d’être inclus dans les
locaux de la province, attenants. Par praticité, l'inventaire du foyer
populaire a été inclus, puisque contenant des modèles récupérés
et le bâtiment étant aussi en lourds travaux. | | Rétrospective
2001-2011 Les
documentaires ci-présents sont bien partiels. Nous avons suivi l’aventure
tardivement, étant donné que pour nous, ce ne fut qu’en fin 2001
que cela put commencer. Henricot I avait déjà disparue. Quelques
documentaires assez disparates furent réalisés en 2005 et 2006.
Afin de donner une image fiable de ce que tout cela fut, c’était bien trop
tard. On ne vient pas 20 ans après. Ce qui fut réalisé, ce
n’est rien d’autre que de grappiller quelques graines. C’est toujours ça
de pris, même si l’essentiel est perdu. Henricot
I se situait près de la place des Déportés, et en lieu et
place de la rue du Werchai et de la place Baudouin. Il ne reste aucun vestige,
sauf le hall 11, un hangar à structure de poutrelles métalliques
d'un style fin du XIXème. A quelques pas de ce hall, il reste une magnifique
statue en bronze [Photo],
représentant l’ouvrier le plus âgé de l’usine, enseignant
l’ouvrier le plus jeune. Ce bronze est visible au fond de la place des Déportés.
Henricot
II était un vaste espace dont il ne reste plus beaucoup de patrimoine aisément
perceptible. De lourdes altérations, inévitables et en quelque sorte
aussi salvatrices, ont eu lieu (il faut bien se dire que c’était ça
ou démolition pure et simple). La plupart des bâtiments sont à
ce jour totalement réaffectés avec des modifications patrimoniales
lourdes. -Le
foyer populaire : un superbe bâtiment [Photo],
qui servait au délassement des ouvriers. La plus belle pièce architecturale,
à savoir le fronton au dessus du porche, a été démontée.
Cela a été réalisé à titre conservatoire, étant
donné que la pièce menaçait sérieusement de s’effondrer.
Heureusement, elle est bien conservée, en attente de remontage. On y trouve
aussi une vaste salle de théâtre, tout sauf fonctionnelle, mais qui
a le mérite d’exister. Un projet de réaffectation est en cours.
Quelques photos de ces lieux sont données, en outre la salle de théâtre
et la charpente (dernière page de ce documentaire). -Les
grands bureaux : il s’agissait du bâtiment de siège social, à
côté du foyer populaire. Les lieux sont aujourd’hui utilisés
pour une école, le Cefa. Le bâtiment, bien rénové,
est très lourdement modifié. Restent à voir le fronton UEH,
au dessus de la porte d’entrée, la vaste salle des pas perdus [Photo],
impressionnante par ses dimensions, et un monument à la mémoire
d’Henricot à gauche du bâtiment. Tout le reste est extrêmement
modifié. -Le
Bétatron : ce bâtiment était situé à côté
du Modelage. Le bétatron servait à scanner les matrices, afin de
localiser des défauts – c’est en quelque sorte une radiographie. Ce bâtiment
a été totalement démoli lors de la dépollution d’Henricot
II [Photo].
Sous le bétatron a été trouvée la fondation d’un ancien
laminoir et une base de cheminée [Photo].
-Le
Bunker : situé près de la passerelle, au dessus de la voie ferrée
[Photo].
C’est un vaste bloc de béton qui abritait le nouveau bétatron. Les
lieux sont aujourd’hui loués à un entrepreneur en travaux publics.
Sans avoir connaissance de l’intérieur, il ne resterait d’après
les témoignages plus rien de visible d’époque. -Les
rivières souterraines : il y a une galerie sous la place Baudouin, une
petite sous l’avenue Wisterzée, une dernière au Modelage. La partie
au Modelage a été raccourcie lors de travaux de découverture.
-Le
parc à Mitrailles : ancien parc à scrappes, aujourd’hui reconverti
en salle de spectacles. La structure d’origine n’est plus très lisible,
étant donné que le bâtiment a été peint, aménagé,
etc. -Le
manoir Henricot : un assez vaste manoir qui était le logis de la direction
[Photo].
C’est aujourd’hui reconverti en école (ITP). Les modifications structurelles
du bâtiment sont assez légères, tandis que les abords ont
été très profondément bouleversés par la construction
d’annexes scolaires. Un étang a été asséché.
Ce manoir est complété par la maison maternelle Henricot [Photo],
bâtiment hétéroclite, dont la démolition est programmée.
Nous ne connaissons pas exactement l’origine de ce bâtiment. Pour
aller plus loin : - Les documents
de 2001. - Les photos
en noir & blanc de 2005. - Les
rivières souterraines.
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