Tchorski

 


Denis Picol montre une esquisse au 1/1. On s'arrange généralement pour que les panneaux ne dépassent pas un mètre carré, pour des raisons de solidité de l'ensemble. Si des vitraux sont assemblés, on le fait à l'aide de barlotières, qui sont des armatures métalliques permettant de caler les panneaux sur des vergettes. Les vitraux seront, dans le cas d'une église, placés entre les remplages que sont les dentelles de pierre autour des rosaces (par exemple).


Ici, on voit bien la différence entre un trait libre au fusain, épais et imprécis, avec un trait au crayon. Dans le modèle au crayon, les pièces sont numérotées. On voit des petites flèches, qui indiquent les différentes séries de progression pour les mises en plomb. Pour des raisons de solidité, on essaie généralement de partir du centre du vitrail.


Les petites pièces modèles. Ce sont les pièces de puzzle, positives, qui ont été découpées avec les ciseaux spéciaux. Je les montrerai ensuite. Les petites lignes de papier ne sont pas à proprement parler des déchets. Elles figurent en réalité l'épaisseur du plomb.


En photographie, un vitrail qui existe déjà. La mission qui incombe à l'atelier Picol, c'est de réaliser un nouveau vitrail, qui soit dans les mêmes tons et le même cheminement spirituel. Ainsi, une esquisse colorée est réalisée, afin d'imaginer une suite logique. Elle sera présentée au client, afin de vérifier que ça correspond bien à son souhait.


Côte à côte, l'esquisse au fusain, qui jette la première idée, et à gauche son esquisse crayon, plus précise. Pourquoi fait-on un calque ? C'est très simple ! Sur le carton en papier bulle, l'esquisse précise sera découpée. Ca va devenir un puzzle rapidement inextricable. Le calque va servir de sauvegarde. Il garde une idée de l'organisation des pièces, leur numérotation. Dans une optique de préservation, ça peut aussi se révéler
utile si un vitrail est par exemple perforé par un jet de pierre, il est alors plus facile de le reconstituer et le réparer. Dans l'atelier Picol, un nombre impressionnant de calques sont conservés dans des cartons.


Les pièces de puzzle. Elles serviront à la découpe du verre. Ces calibres en papier-bulle seront posés sur la plaque de verre et avec un outil, le verrier va contourner le carton.

 Vous pouvez écouter Denis Picol parler des calibres ici :


Certains travaux sont d'inspiration art nouveau ou art déco.


Voici les ciseaux si particuliers ! Derrière, ce sont des morceaux de verre qui ne sont pas encore
découpés et qui peuvent servir à la conception de pièces.


Ces ciseaux possèdent trois lames. La partie du milieu ménage le chemin de plomb.


De petits morceaux de verre découpés, prêts à être assemblés pour la conception d'une lanterne.


Les plombs.


Ceux-ci sont pour la plupart usagés, mais on voit bien la forme en I.


Des plombs neufs.


Les spatules sont des outils qui permettent de couper le plomb. Quant à la petite pointe au fond, qui présente une courbe, c'est ce qu'on appelle un ouvre-plomb. C'est ce qui permet d'écarter les lèvres du I afin d'y glisser le verre.


Le verre est calé contre un tasseau. A l'aide de clous spéciaux, toujours légèrement inclinés, le verrier va insérer le plomb puis le découper.


L'outil au premier plan est une lame au tungstène. Ensuite, il y a la pince à gruger et, derrière, la pince à découper. La seule différence, c'est que la pince à découper a un bout légèrement courbe. Cela permet de faire un effort de flexion sur le verre en un seul coup de main. Tout dans le fond, l'objet blanc, c'est une spatule de rabattage. C'est un petit outil souple qui permet de rabattre les lèvres du I du plomb sur le verre.


A gauche, on voit mieux la courbure de la pince à découper. L'autre outil verrier est une roulette. C'est aussi ce qu'on appelle un coupe-verre. Objet très courant, il comporte une roulette en acier ou tungstène.

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