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Tchorski
Les cloches de Genval

Il s'agit d'un documentaire sur les cloches de Genval. Un grand merci à monsieur Pierre Billen pour l'accueil. Avec la participation de Thibaut Boudart. Ce documentaire est dédié à la famille De Wilde.

L'église de Genval se situe dans le hameau de Maubroux. Elle a été bâtie aux environs de 1923. C'est la date du début de la construction, la date de fin et surtout le campanile ne nous sont pas connus. Elle possède une armature en béton et un remplissage de briques. C'est la première église du genre construite en Belgique. Elle fut érigée sous l'impulsion d'Auguste Lannoye, fondateur des papeteries de Genval.

Les cloches de Genval nous intéressent à plus d'un titre, mais principalement parce que ce sont deux instruments provenant du fondeur Omer Michaux. Cet artisan, d'abord basé à Schaerbeek, puis ensuite à Louvain, a fondu un nombre relativement limité de cloches en comparaison à des fondeurs nettement plus prolixes comme les Van Aerschodt, Michiels, Causard ou Slégers.

Les cloches de Genval apparaissent comme assez différentes des autres que l'on qualifiera d'habituelles (tout en sachant que cela ne concerne que cinq séries évaluées, donc la comparaison est rapide et forcément limitative). Elles ont la particularité 1/ d'être plus lourdes, 2/ de ne pas comporter un rinceau de frises en forme de losange vers le bas, ce qui en principe est systématique chez ce fondeur, en tout cas pour ce que nous connaissons. Cependant, le point 1 est à minorer. Si l'on considère l'inventaire des cloches réquisitionnées par les Allemands en 1943, ce sont alors des cloches classiques dans sa production.

L'analyse spectrale donne :

Genval - Cloche 1
Hum : 210 Hz, Ab(0)+19
Prime : 391,5 Hz, G(1)-2
Tierce : 477,5 Hz, Bb(1)+41
Quint : indéterminée.
Nominal : 773 Hz, G(2)-24
Superquint : 1161 Hz, D(3) -20

Genval - Cloche 2
Hum : 255,5 Hz, C(1)-41
Prime : 465 Hz, Bb(1)-4
Tierce : 601 Hz, D(2)+39
Quint : 729,5 Hz, F#(2)-24
Nominal : 979,5, B(2)-14
Superquint : 1457,5, F#(3)-26

La première cloche pèse 650kg. C'est celle vers la gare. Elle possède comme épigraphie un rinceau assez soigné avec plusieurs figures, notamment une figure mariale, un christ en croix et un ange (éventuellement un archange). La dédicace est : Je m'appelle Georgette, j'ai été baptisée en 1921, Mon parrain et ma marraine sont Ernest et Marguerite Mals.

La seconde cloche pèse 450kg. C'est celle vers le centre du village. Elle possède un rinceau tout aussi soigné, semblable à la première cloche mais pas identique. La dédicace est : Je m'appelle Berthe, j'ai été baptisée en 1921, Mon parrain et ma marraine sont François Tobu et Berthe Van Gits.

Gageons qu'Omer Michaux s'est sérieusement fait remonter les bretelles en 1921, car normalement, le baptême est réservé aux êtres humains. Une cloche reçoit une bénédiction. C'est un détail, bien sûr...

Les dédicaces ne sont pas linéaires mais en forme d'ovale. C'est d'une exécution relativement difficile, l'alignement n'est pas facile à réaliser.

Ces cloches sont toutes deux en probable rétromitigé. Le battant touche le bas de la pince, il semble désaxé par rapport à la bélière. Le système de volée est un Appolo I de Clock-O-Matic. Ces cloches sont à quelques détails près fixées en toiture. Les servo-moteurs sont au sol. De grandes chaînes traversent l'espace réservé aux cloches. Les anses sont assez jolies. Elles portent des décorations en palmettes assez simples. Thibaut Boudart évoque que cela ressemble à celles de Van Aerschodt. Il est possible qu'elles aient été copiées ou qu'un accord ait été passé entre eux, ou encore qui sait, Omer Michaux a peut-être récupéré des cornets de la fonderie Beullens, qui les tenait éventuellement des Van Aerschodt. Bref...

La petite cloche est tintée par l'extérieur avec un marteau classique. Cependant, il frappe la pince quasiment à la patte. C'est trop bas et ça ne rend pas un son adapté.

Ces deux cloches possèdent un certain nombre de traces d'usure non négligeables. Les deux sont relativement corrodées. Au même titre que Louvain-La-Neuve ou Blocry, les pattes sont nettement abîmées. On observe non pas exactement des ébréchures, mais plutôt des décollements sur la partie horizontale de la bouche. La plus petite cloche est fêlée. Un travail de soudure a été exécuté dans le but de réparer l'objet. Thibaut Boudart évalue que le travail aurait pu être exécuté dans les années 40-50. A noter dans la tour la présence d'un vestige d'horloge, probablement Michiels. Un grand nombre de pièces a été volée, c'est une horloge partiellement désossée, ce qui est bien dommage...

Les photos ne sont pas super jolies étant donné qu'on est toujours à contre-jour. J'ai fait ce que j'ai pu... En tout cas, cela complète bien le documentaire sur Michaux.

Bibliographie : Guide d'accueil, paroisse Saint-Pierre à Genval, édition 2009.

Pour commencer la découverte, vous pouvez écouter la volée ci-dessous :


L'église de Genval.


Pour monter, c'est un système un peu particulier. La première échelle est contre-balancée avec
un contrepoids. C'est un système ingénieux.


Le contrepoids.


Nous allons maintenant monter au clocher ouvert sur l'extérieur.


Et nous arrivons à la salle des cloches.


Comme évoqué, les photos ne sont pas faciles à faire... Le contre-jour est brûlant...


Les décors sont esthétiques, même si aujourd'hui, ils sont corrodés.


La dédicace de Georgette. On voit qu'elle n'est pas linéaire.


Le moteur de volée.


C'est un petit moteur fixé au sol.

 
Vous pouvez voir la vidéo de la volée ici. Malheureusement je l'ai râtée (je n'arrête pas de bouger
et ça donne le mal de mer) mais c'est ainsi...


Voici une fêlure assez conséquente, qui a été réparée par soudure.


La suite n'est pas bien gaie...


Le battant et le système d'accrochage à la bélière.


Le décor de Berthe.


Les anses sont sympathiques.


Détail sur les anses de l'autre côté.


Détail sur les figures.


Le tintement à la patte.


Et pour terminer, Genval vue des hauteurs...


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