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Tchorski
Le carillon de Gembloux (1/6)

Il s'agit d'un documentaire sur le carillon de Gembloux. Celui-ci se situe dans la tour du beffroi.
Un grand merci à Emmanuel Delsaute et Serge Joris pour l'accueil. Merci à Nicau Elias pour sa participation au documentaire. Un tiers des images a été réalisé par Sandy De Wilde, un tiers par Nicau Elias, un tiers par moi-même. Les images sont destinées à enrichir la base de données de l'ACW, dans le cadre des 500 ans du carillon. Elles seront aussi données à l'administration communale de Gembloux, à des fins documentaires.

A la différence des ouvrages religieux, dans lesquels se trouvent souvent les carillons, le beffroi est un ouvrage civil. Il s'agit en réalité de la tour de l'ancienne église paroissiale Saint-Sauveur, désaffectée en 1810 puis démolie peu après. L'origine de cette tour semble remonter au 10ème siècle, bien que peu d'écrits l'attestent. La base du beffroi est en tout cas en moellons de grès, indiscutablement anciens. En 1905, un incendie détruisit la charpente de la flèche. En 1907, un nouveau clocher à bulbe un peu étrange remplace la charpente brûlée, avec un charme certain. Il a été inscrit au patrimoine exceptionnel de Wallonie en 1967, puis ajouté en 2005 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

En 2009, les cloches sont au nombre de 47, et 4 cloches supplémentaires peuvent partir en volée. Les cloches de carillon sont intégralement des Petit & Fritsen. C'est une des plus anciennes familles de fondeurs des Pays-Bas. La firme est encore active aujourd'hui, sous le nom officiel Koninklijke Klokkengieterij Petit & Fritsen (edit 2014, fusionnée avec Eijsbouts). Ce sont de belles cloches, leur site internet montre la fabrication de quelques-unes (langue nl). Elles datent de 1963, visiblement toutes provenant d'une seule commande. Elles sont ornementées d'élégants rinceaux de fleurs, jusqu’aux minuscules clochettes où les rinceaux sont d’une belle finesse. Elles portent toutes la mention A. D. avant la datation, inscrit pour "Anno Domini".

Le carillon a été entièrement rénové en 2009 par Campa de Tellin, car il commençait à montrer de sérieux signes de fatigue. Le précédent carillon était, d'après la littérature, un Michiels, cela ne peut être confirmé d'office étant donné qu'on n'en trouve pas trace dans les registres de fonte. Par contre, il y avait un bourdon de 5000 kg. Aujourd’hui, le clavier est un Petit & Fritsen. Il est estampillé sur le côté droit. Les bâtons sont en frêne. Ils nous ont paru un tout petit peu plus courts que les clavier habituels. Les battants sont à boule, ils sont tirés par une tringlerie neuve. Les équerres sont placées sur une armature circulaire, ce qui fait un peu hélicoptère. C'est d'ailleurs plutôt joli. Le carillonnement manuel est à battant tiré. Le carillonnement automatique est tinté en extérieur avec des marteaux. Ce tintement a quelque chose de plus agressif que le carillonnement manuel. C’est probablement parce que c’est frappé en extérieur et plus fort. L'horloge de carillonnement automatique est une Apollo II de Clock-O-Matic, munie d'une commande Télécontrol.

Les cloches de volée sont de provenance diverses. Il y a une Causard, joliment ornementée (surtout les anses, ce qui constitue une marque de fabrique). Les 3 autres sont des Michiels Jr. On les distingue au premier coup d’œil à leurs anses très carrées, sans ornementation, et leurs rinceaux en branches d'olivier tressées. Elles pèsent 1850kg, 1211kg, 871kg, 504kg. La cloche 3 est à battant thermoforgé, tout neuf. La cloche 4 possède une inscription à l’intérieur de la robe, Theo Wilsele, 1986. Le système de volée pourrait ressembler à un rétro-lancé, vu que le joug ressemble à un système arqué avec battant lancé. Cependant, en étant attentif, on voit que l’axe et l’accrochage de la cloche au niveau des anses sont au même niveau. C'est donc du lancer franc. Le battant frappe en tous les cas le haut de la pince.

Le carillon de Gembloux est un bel ensemble, esthétique dans son aménagement. Grâce aux diverses rénovations, il sonne juste. Edit 2012-2013 > L'ensemble a été augmenté de cloches Voegele et Petit & Fritsen.

Vous pouvez écouter Serge Joris carillonner ci-dessous.





La montée au carillon

 

Le carillon


Le carillon est situé au dessus de la cabine.


Cependant, ce n'est pas si simple que ça, c'est un véritable enchevêtrement.


Deux cloches de volée entourent la cabine. Au-dessus, les clochettes forment le premier étage. Il est accessible par une échelle, il faut ramper sous la tringlerie pour en voir les détails.


Les cloches de carillon sont au nombre de 47 en 2009. Les cloches sont à battant tiré.


Sauf pour les plus petites clochettes, où la boule ne rentre plus dans l'espace intérieur. Le battant est aussi tiré, mais un système analogue se situe en extérieur de pince.


Au dessus des clochettes, il y a un second niveau de cloches, ce sont les intermédiaires.


Plus on monte dans la structure, plus cela parait inextricable. Pourtant c'est ordonné.


Ici, on voit bien la tringlerie former une toile d'araignée dans l'installation.


On voit bien la différence de taille entre une cloche intermédiaire et une clochette, c'est impressionnant, surtout quand on sait quelle est la différence entre une cloche intermédiaire et un bourdon...


Les boîtiers numérotés correspondent à la sonnerie automatisée de ritournelle. Le système Apollo II envoie des impulsions pour tinter la paroi extérieure avec un marteau métallique. En principe, une ritournelle a une grande régularité (automatique) et un son d'intensité plus élevée. Attention aux enregistrements ! Veillez à légèrement baisser le niveau d'entrée.


La barre métallique un peu plus lumineuse héberge les ressorts de renvois. Ce sont des ressorts qui aident à ramener le battant dans sa position initiale une fois que la note est tintée. Divers systèmes existent. Ici, c'est le plus efficace, d'autant plus que tous les ressorts sont alignés sur une seule barre (économique).


Sur cette image colorée, on voit bien la forme un peu particulière des boules. Cela est propre à Petit & Fritsen. Il en existe bien sûr des variations (Eijsbouts notamment). Cette forme de toupie est en deux parties rapportées autour de la jambe et soudées. Après, une seconde ligne de soudure est réalisées aux extrémités du haut et du bas. Pour les battants de faible force d'impact - pas de volée - c'est le système le plus facile et moins coûteux à mettre en oeuvre.


La tringlerie, au dessus de la cabine. Les manchons sont probablement des blocages afin d'éviter que les tringleries ne redescendent dans la cabine lors de réglages.


Détail sur les équerres toutes neuves (2009).


Ces équerres servent à renvoyer la tringlerie dans la bonne direction, vers la cloche. L'équerre transmet l'impulsion du poing sur le bâton. Cette installation s'appelle un abrégé.

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