Tchorski
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Le Coticule de Vielsalm (1/2)


Communes: Vielsalm, Salmchâteau, Bihain, Lierneux.
Minerais: coticule et ardoise.
Statut : Accès réglementé pour la plupart des lieux.


-Qu'est-ce que le coticule ?
C'est une pierre qui n'est pas très jolie. C'est une pâte jaune clair comportant de nombreux grenats microscopiques (spessartine). Ces grenats lui confèrent une qualité de pierre abrasive dépassant la qualité de tous les matériaux artificiels, sans exception. Pour un collectionneur, ce n'est donc pas une "belle pièce". Par contre, c'est un minerai qui est unique au monde. A ce jour, une seule société exploite encore du coticule à Lierneux. Il s'agit de Ardennes Coticule SPRL, sous la responsabilité de Maurice Celis. Le coticule est vendu en Belgique ou à l'étranger, surtout pour l'affutage de pièces de précision, notamment en médecine.

Le coticule est une roche sédimentaire qui s'est métamorphisée lors des plissements des couches d'ardoise. On la retrouve sous forme de filons assez minces (15 centimètres environ) dans des schistes violacés. Quelquefois, des pièces de dimension beaucoup plus importantes peuvent être sorties, mais ça reste rare.
Densité : 3,2
Dureté selon Mohs : 3.

Pour en savoir plus, il y a un joli petit musée du coticule à Vielsalm, retraçant l'historique et les méthodes de façonnage du coticule.

-Historique
Les premières exploitation de coticule remonteraient à 1625 ou un peu avant, ce d'après Michel Caubergs. Il explique qu'en 1686, le commerce de coticule commençait à devenir florissant, attirant les marchands étrangers. EN 1800 s'ouvre Old Rock, mine nous intéressant plus particulièrement. Vers 1860, il y aurait eu 50 ouvriers environ sur le territoire de Vielsalm, occupés à plein temps à l'extraction du minerai. Le déclin de l'industrie du coticule commence en 1945 et la dernière mine (Old Rock) ferme en 1982.
L'exploitation actuelle de coticule n'est pas souterraine. Maurice Celis exploite à ciel ouvert et retraite des haldes. Il lui faut travailler une tonne de stérile pour obtenir un kilo de bonne pierre abrasive.

-Le façonnage de la pierre
Le coticule est extrait avec une semelle de schiste. C'est à dire qu'on conserve environ la moitié du volume d'extraction en schiste. Si jamais le schiste est abîmé ou si le terrain encaissant ne permet pas l'opération, on vient recoller une semelle de schiste avec de la résine. Par exemple, il se peut que la couche de coticule soit trop épaisse. Dans ce cas, on la coupe en plusieurs tranches. On y recolle ensuite la fameuse couche de schiste.
Les blocs de coticule sont découpés selon des dimensions standardisées, correspondant aux besoins de l'industrie. Généralement, ce sont des cubes dont les dimensions sont entre 10 et 20 centimètres.

Les scies à diamant découpent des blocs plus ou moins réguliers : la forme primaire est donnée. Par la suite, on enlève les irrégularités avec un plateau tournant recouvert d'une toile émeri abrasive. Ce frottage permet d'avoir des formes parfaitement planes. Pour terminer, il y a une opération de doucissage et le glaçage. On rend la pierre aussi douce que possible en passant une toile émeri nettement plus fine. Toutes les traces de griffes doivent avoir disparu. Le glaçage est la dernière opération de polissage, un frottement contre des pierres très douces.
D'une manière générale, le traîtement du coticule consiste à sortir des blocs dont les formes sont cubiques, entièrement planes et douces. Cela permet d'aiguiser toutes les lames sans exception.

-Les exploitations souterraines
Les descriptions ne sont pas exhaustives parce que toutes les galeries n'ont pas encore été visitées, il en manque encore quelques-unes. Pour la facilité, je me réfèrerai au noms donnés par Michel Caubergs parce qu'il constitue la référence pour 75% des cavités de cette région. Je peux donner un plan approximatif pour situer les mines de coticule à ceux qui le désirent, mais je ne ferai que par mail. Je préfère ne pas rendre ces données trop publiques parce que je souhaite (bien évidemment) que ces endroits ne soient pas abîmés. Dans tous les cas sauf une exception, ces mines sont extrêmenent difficiles à localiser : troisième arbre à droite, puis tourner à gauche au niveau d'un caillou, etc... Donc il ne faut pas attendre des miracles. Dans un intérêt purement minéralogique, les haldes sont plus riches en coticule, à une exception près. L'accès aux mines n'est pas autorisé pour la quasi totalité des lieux.

-Vielsalm
TCVN1 et TCVN2 n'existent plus. TCVN5 et TCVN6 ont des entrées démolies, nivelées et murées. Cela s'explique par leur présence près de la route et près du village. TCVN3 est une recherche sans intérêt. TCVN4 est une galerie de 20 mètres, non visitée.

-Vielsalm Old Rock (Photos)
C'est une très belle mine dont l'entrée est fermée par une grille. Son développement est de 300 mètres. La moitié de l'exploitation est dédiée au coticule, l'autre moitié pour l'ardoise. On y trouve encore les rails sur toute la longueur, des treuils, une poudrière, des étais métalliques. Ce sont des galeries de section assez ronde, environ 2 mètres de diamètre. Au milieu, on trouve une salle de grande dimension. En hauteur, il en partirait un puits de 80 mètres. Le dernier exploitant du lieu était Monsieur Offergeld. Cette mine est celle en meilleur état. On y trouve au fond un filon de coticule, mais celui-ci est placé dans un effondrement dont les pierres en suspension sont plus que douteuses.
Dans tous les cas, ne massacrez pas les filons ! Cette exploitation est digne d'un musée.

-Salmchâteau (Photo)
TCVS1 : pas encore trouvé. TCVS2 est un travers-banc de 80 mètres de long, fortement inondé près de l'entrée. On y trouve une chambre entièrement noyée et peu visible, il faut faire attention de ne pas tomber dedans. L'exploitation n'a rien de passionnant. TCVS3 est noyée.
Sur le chemin d'accès à TCVS2, en venant du cimetière, on trouvera quelques échantillons de turquoise sous forme de mouchetures.

-Salmchâteau
TDM1 à 6 pas encore visités.

-Bihain
TR1 et TR2 pas encore visités.

-Lierneux
Michel Blondieau évoque une galerie à Ménil, pas encore visitée.

Ci-dessous, le plan de l'exploitation Old-Rock, dont les photos suivent. La topographie provient du livre de Michel Caubergs.


Vue de l'entrée de TCVS2.


A l'entrée de Old Rock, un joli treuil en hauteur.


La voie decauville est présente jusqu'au fond.


La grande salle du Puits.


Le filon de coticule, très visible à cet endroit.


Le bout de l'exploitation, qui comporte un puits (naturel ?)

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