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Tchorski
Le carillon d'Ath (1/4)

Il s'agit d'un reportage sur le carillon de l'église Saint-Julien d'Ath.
Un grand merci à monsieur Jean-Claude Molle pour son soutien plein d'enthousiasme ! Merci à Sophie et Caroline Jaumotte pour le jeu au carillon et pour nous avoir accepté dans la tour durant un concert. Merci aussi à Gérard Largepret pour sa présence.
La moitié des photos est de Sandy De Wilde. Deux photos sont de Cédric De Keyser.

Saint-Julien est le patron des charpentiers.

Le carillon de la ville d'Ath possède une histoire de longue date. D'après le site de l'ACW, la tour reçoit en 1480-1481, cinq cloches du fondeur Henri Waghevens. Elles ne sont plus présentes à ce jour. Les Waghevens sont une très importante dynastie de fondeurs, mais peu ou plus de cloches sont encore présentes. Un inventaire Recif pourrait le confirmer (éventuellement présentes à Oudenarde et Sint-Rombaut à Mechelen, sous réserve de vérification). En attente, nous préférons jouer la prudence en disant qu'il est probable que toutes ont été démolies ou refondues. Pour ce qui est de la ville d'Ath, c'est un incendie détruisant la tour en 1817 qui réduit à néant toutes les possibilités de cloches anciennes.

La tour de l'église Saint-Julien interpelle par sa forme. Une fois frappé par la foudre puis incendié, l'édifice fut reconstruit de 1819 à 1822 par l'architecte athois Gabriel-François Florent. Le style est du néo-classique. La tour quant à elle est gothique.

Aujourd'hui, le carillon est composé de 49 cloches. Ce sont des Michiels JR et des Petit & Fritsen. Ce dernier, fondeur hollandais, a repris l'actif de Michiels JR à son décès. On peut donc considérer que c'est un carillon d'une certaine homogénéité. En 1951, c'est un second incendie qui ravage une part de l'église, mais la destruction n'est pas totale, un certain nombre d'éléments architecturaux sont sauvés. Les cloches sont tombées et sont brisées au sol. Elles sont alors refondues. En 1953, un jeu de cloches de carillon est installé par Léon Van Rie, constructeur à Quaregnon (que nous retrouvons sur ce site à Chatelet). Ce sont des cloches fondues comme évoqué par Marcel Michiels JR. En 1981 sont ajoutées 3 clochettes fondues par Petit & Fritsen, puis la même opération de 3 clochettes supplémentaires a lieu en 2000. L'installateur était Jacques Sergeys. Une ritournelle automatique fonctionne tous les quarts d'heure. Le système de commande est assez rare étant donné qu'il ne s'agit pas d'un Clock-O-Matic mais d'un Van Rie, installé en 1953. Dans sa globalité, on pourrait dire que le carillon a une tonalité qui ressemble un peu à celui de Wavre.

Le bourdon fait 4070 kg. Il s'appelle La Julienne. Lors de la ducasse, il est lancé en volée manuellement par quatre personnes. Il est en la0, ce qui est une jolie note de bourdon. Fidèle à la fabrication de Marcel Michiels fils, la sonorité est juste mais brève. C'est une cloche qui a une tessiture courte et franche. Les traditions de ducasse sont vécues intensément par la population athoise. Geste important pour les habitants durant les festivités, surtout les jeunes : la montée dans la tour Saint-Julien afin de faire sonner le bourdon. Depuis une dizaine d'années, cela constitue un passage obligé. D'après Jean-Pierre Ducastelle (DH du 21/08/2002) : faire sonner la grosse cloche n'est pas un geste ancestral à Ath. On pourrait qualifier cette manifestation de coutume en formation. Jusqu'au début des années septante, c'était un ouvrier communal qui se rendait dans la tour et se chargeait de la mise en route de Marie Pontoise. En 1973, plusieurs amis, férus de la ducasse, ont eu l'idée d'accompagner l'ouvrier dans sa tâche. Il y avait notamment Jean-François Masson, Jean-Pierre Jorion et des membres de Rénovation du Cortège. Progressivement, le cercle s'est étendu. Depuis 1981, il y a vraiment la foule dans et en dehors de la tour Saint-Julien pour faire ou entendre sonner la cloche. De notre côté, nous devons noter qu'il est bien rare que du public soit amené à faire voler une cloche, c'est une tradition vivante et c'est bien ! La volée s'effectue avec des cordes à traction manuelle.

Le carillonneur titulaire est Jean-Claude Molle. Il a reçu l'enseignement prestigieux de Geo Clément, dont nous entendons souvent la barcarolle dans de nombreux clochers de Belgique et d'Outre-Quiévrain. Il joue au carillon depuis 1963. Depuis 1994, il est aussi titulaire de la classe de carillon d'Ath, dont Sophie et Caroline ont été des élèves durant 10 ans. Cela fait maintenant 12 ans que Caroline et Sophie jouent avec M. Molle. Leur jeu allie aussi bien du traditionnel et populaire que des pièces classiques (notamment la fugue de Van Den Gheyn). L'académie de musique athoise accueille de plus en plus de jeunes musiciens, ce qui est un signe de renouveau pour le carillon, c'est bon signe !

Depuis 1976 est organisé à Ath le festival de carillon le plus ancien de la Région Wallonne. Le carillon égrène ses notes les samedis d'été à 16h30. L'air favori d'Ath est le Grand Gouyasse.
Ci-dessous, vous pouvez écouter deux airs joués au carillon, par Sophie et Caroline Jaumotte.



Avant de partir dans les cloches du carillon, je vous propose de découvrir la folle horloge de
Léon Van Rie, surtout l'apocalypse de la fin du mécanisme de sonnerie !


L'horloge d'Ath.


La tour gothique émerge de la végétation. (PHOTO CDK)


La nef de l'église.


Nous allons monter dans la tour jusqu'au carillon.

Le carillon


Caroline et Sophie au clavier. Elles ont débuté leurs études musicales à l'académie d'Ath à l'âge de 6 ans, l'une au piano et l'autre au violon. Les études au carillon commencent quant à elles en 1997. Elles ont
débuté leur voyage campanaire il y a peu : Soignies, Bruxelles, Saint-Amand Les Eaux (fr).


C'est un carillon essentiellement Michiels Jr, monté sur une structure Van Rie.


Etant donné sa structure très verticale en un seul plan, il est quasiment impossible de faire des
photographies de détails ou des clochettes.


Les abrégés.


Les clochettes, dont les dernières Petit & Fritsen, à battant à boule.


Grimper dans la structure plus loin que ceci serait dangereux, ce pourquoi le reportage est limité.


Grâce à quelques échelles, on peut quand même voir quelques détails.


Notamment les curieux marteaux. L'un sert au tintement manuel du clavier, un autre sert au tambour
Van Rie, un troisième parfois sert ... si deux notes sont rapprochées sur le tambour. Mazette, ce
n'est pas construit avec le dos de la petite cuillère...


La bouche et le battant tiré.


Aucune de ces cloches ne part en volée. Dans la salle du dessous, il y a plusieurs grosses cloches, qui elles sont équipées pour la volée ordinaire. A noter la dernière clochette située un peu à l'écart de la structure, pour laquelle il n'y avait plus de place !


Nous ne verrons donc pas plus en détail le carillon...


Durant un concert.

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